Les bons sentiments de Bolsonaro / Os bons sentimentos de Bolsonaro

Drapeau France par Baptiste Fillon

Bolsonaro sera le nouveau Président du Brésil. Malgré son usage éhonté du mensonge, de la violence verbale, son mépris de l’intelligence, son indécence historique, et un amateurisme dont on commence à entrevoir l’ampleur.

D’autres l’ont fait avant lui, même ceux qu’on disait modérés. Mais aucun n’en a joué de façon aussi systématique que lui.

Voilà le Brésil face à lui-même. Ses démons, plus ou moins vieux.

Le programme de Bolsonaro, c’est le retour au stade pré-anal, voire foetal, une enfance de l’être où l’on frappe la première personne qui vous contrarie, où l’on chasse celui ou celle qui est différent de vous, où l’on insulte celui ou celle qui prononce un mot que vous comprenez seulement au bout de 3 secondes.

C’est la quête du confort absolu.

Bolsonaro a su parfaitement exploiter la situation catastrophique du Brésil et de la politique brésilienne, mais il a surtout su proposer de bons sentiments. La protection, le câlinage. Du moins pour son électorat.

Il faut le suivre sur Twitter, observer son compte Instagram, pour réaliser qu’il se pose en papa. Celui qui vous défendra, même si vous avez tort, même s’il a tort, pourvu que vous pensiez comme lui.

Il est le signe d’une époque qui sacrifie tout à son confort immédiat, même son futur. Un temps qui a peur, et qui refuse de dépasser ses appréhensions, par bêtise et lâcheté. C’est de la politique infantile et magique, à l’instar de tous les populismes. Un peu comme si un type vous disait de danser sur une autoroute en vous jurant qu’il ne vous arrivera rien, parce que lui l’a décidé ainsi.

Bolsonaro est le chaman du pauvre. Un barbare des bons sentiments, qui dispense de tout, sauf d’une jouissance piteuse, abrutissante et basse. Ce que certains appellent le « bonheur ».

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Drapeau Brésil por Baptiste Fillon

Bolsonaro será o novo presidente do Brasil. Apesar de seu uso flagrante de mentiras, abuso verbal, o desprezo da inteligência, sua indecência histórica e amadorismo que nós começamos a ver a escala.

Outros fizeram isso antes dele, mesmo aqueles que foram considerados moderados. Mas nenhum deles jogou tão sistematicamente como ele fez.

Esse é o Brasil enfrentando a si mesmo. Seus demônios, mais ou menos velhos.

O programa de Bolsonaro é a volta à fase de pré-anal, mesmo fetal, uma infância do ser onde você pode bater o primeira pessoa que te incomoda, onde você pode caçar o homem ou a mulher que é diferente de você , onde você pode insultar aquele que pronuncia uma palavra que você entende apenas após 3 segundos.

É a busca pelo conforto absoluto.

Bolsonaro foi capaz de explorar plenamente a situação catastrófica do Brasil e da política brasileira, mas ele foi especialmente capaz de oferecer bons sentimentos. Proteção, abraços. Pelo menos para o seu eleitorado.

Você tem que segui-lo no Twitter, assistir sua conta no Instagram, para perceber que ele está posando como um pai. Aquele que irá defendê-lo, mesmo se você estiver errado, mesmo que ele esteja errado, desde que você pense como ele.

É o sinal de um tempo que sacrifica tudo para o seu conforto imediato, até mesmo o seu futuro. Um tempo que tem medo, e se recusa a superar suas apreensões, pela estupidez e covardia. É política infantil e mágica, como todos os populismos. Um pouco como um cara te dizendo para dançar numa estrada e jurar que nada vai acontecer com você, porque ele decidiu assim.

Bolsonaro é o xamã dos pobres. Um bárbaro de bons sentimentos, que dispensa tudo, exceto um prazer lamentável, entorpecente e baixo. O que alguns chamam de « felicidade ». 

L’humour au cœur de la tragédie: l’élection de l’extrême droite au Brésil via l’oeil de Custódio

Drapeau Brésil par Custódio Rosa

Voici quelques dessins qui, espérons-le, permettrons aux Français de comprendre l’incompréhensible. Afin, peut-être, d’éviter que la même chose se produise en France.

(Traduction des dessins – Baptiste Fillon)

 

07_camisa_forca

 

08_espelho_rdz

 

 

16_whatstruz_fr

 

18_nazismo_burro

 

24_barbaros

 

merde

 

23_sapiens

 

 

24_whats_gado

 

 

25_nova_realidade

 

29_bolso_estupro

 

27_caminhos

 

Être ou ne pas être Nutella / Ser ou não ser Nutella

Drapeau France par Baptiste Fillon

C’est une expression que j’aimerais voir passer en français. Au Brésil, quelqu’un est « Nutella » quand il est surprotégé, loin de la réalité, déconnecté. De la douceur niaise et médiocre, à tartiner.

L’expression désigne souvent la classe moyenne, aimant la vie comme on la présente dans les supermarchés. On l’emploie aussi pour évoquer des clubs de foot, des séries télévisées, les clubs de vacances, des best-sellers, et j’en passe. Elle caractérise des rêves cotonneux, aseptisés, reproduisant les clichés hors-sol que déversent la télévision, la pensée massifiée, les starlettes à la petite semaine, ainsi que la bêtise et l’égocentrisme de chacun. Le Nutella, ce sont des émanations sans âme, désincarnées, vêtus des illusions dont les parent les campagnes de publicité.

En France, nous n’avons pas d’expression équivalente. Il y a « Disneyland », quand on parle d’un endroit sans substance, un « Mc Job », pour un boulot sans intérêt, et mal payé, ou les « Footix », les types qui ne supportent que les équipes de football les plus fortes.

C’est dommage, car l’expression est claire : grasse, sucrée, dédiée à une douceur factice, imbécile. A l’image de notre civilisation, perfusée d’une niaiserie vulgaire, confortée. Lorsqu’elle se sent menacée, cette population Nutella est prête à tout céder à celui qui se présente comme son « sauveur », même son honneur et sa liberté. Après tout, que ne ferait-on pas pour conserver son barbecue et son canapé en cuir ?

Drapeau Brésil por Baptiste Fillon

Esta é uma expressão que gostaria de ver em francês. No Brasil, alguém é « Nutella » quando está superprotegido, longe da realidade, desconectado. Doce e medíocre doçura, para espalhar.

O termo geralmente se refere à classe média, amando a vida como é nos supermercados. Também é usado para evocar clubes de futebol, séries de televisão, clubes de férias, best-sellers e assim por diante. É caracterizada por sonhos higienizados, reproduzindo os planos artificiais que transmite a TV, o pensamento massificado, as starlettes medíocres, e a estupidez e egocentrismo de cada um. As Nutella são emanações sem alma, desencarnadas, vestidas de ilusões pelas campanhas publicitárias.

Na França, não temos uma expressão equivalente. Há « Disneyland », quando se fala de um lugar sem substância, um « Mc Job », para um trabalho sem juros e mal remunerado, ou o « Footix », a gente que só apoia os times de futebol mais fortes.

É uma pena, porque a expressão é clara: gorda, doce, dedicada a uma doçura fictícia, imbecil. Na imagem de nossa civilização, infundida com um absurdo vulgar, confortada. Quando se sente ameaçada, esta população de Nutella está pronta para dar tudo àquele que se apresenta como seu « salvador », até mesmo sua honra e sua liberdade. Afinal, o que você não faria para manter seu sofá de couro e churrasco?

Photo on VisualHunt.com

« On est le champions » / « Somos os campeões »

Drapeau France par Baptiste Fillon

Un nul, une victoire. Cette semaine, la France a retrouvé SES Bleus, auréolés de leur deuxième étoile.

Cette étoile n’a pas le goût de celle de 1998, mais elle fait de la France une grande nation du football.

C’est bien.

Comme en 1998, une vague d’allégresse a envahi le pays. Le football a offert le prétexte à un déluge de commentaires « passionnés » sur l’éducation, l’économie, la vie, la mort, l’amour et… le football.

En fait, après une Coupe du monde victorieuse, le vrai sport consiste a se protéger du déversement de platitudes et de bêtises auto-satisfaites que ce succès entraîne. Pendant 4 ans…

L’une de ces perles d’outrance a attiré mon attention.

Dans le feu du succès, une belle âme pestait contre la tradition française reléguant l’activité physique derrière l’activité intellectuelle. Elle plaidait pour que le sport, le football en tête, soit considéré à l’égal de la littérature, des langues, de la philosophie, etc….

Elle disait cela avec fougue et indignation, comme si elle portait l’étendard d’une cause opprimée.

Le problème, c’est que le sport supplante déjà la culture.

Prenons ce qui fait aujourd’hui l’aune de toute valeur : l’argent. Et concentrons-nous sur le football (il incarne parfaitement le phénomène et c’est surtout le sport que je connais le mieux).

Une seule comparaison. Pour toute une carrière, un Prix Nobel de littérature touche 900 000 euros. Au PSG, Neymar touche un salaire mensuel de 3 millions d’euros, hors taxe.

Tout est dit.

Je pourrais trouver des milliers d’exemples.

Mais plus que la victoire symbolique et financière du sport-business sur les disciplines de l’esprit, le raisonnement simpliste de cette belle âme illustre la relation que les Français – notamment ses « élites » intellectuelles – entretiennent avec le sport, et notamment football. Ils oscillent entre mépris et une fascination béate, virant parfois au chauvinisme (quand l’équipe de France remporte un titre majeur, ou qu’un de nos clubs est capable de mettre 3-0 au Bayern Munich).

En France, le sport reste assez ésotérique. Là encore, le cas du football est emblématique. Pour faire court, il est vu comme une passion d’analphabète, qui délègue sa cervelle de poisson rouge à ses dix coéquipiers (quand il joue), ou bien aux milliers de supporters qui encouragent le même clubs que lui (quand il est en tribune ou regarde un match, avachi dans son canapé).

Et c’est inscrit dans nos villes, nos moeurs.

A Paris, les terrains de sports collectifs se trouvent relégués à la périphérie de la ville, ou en banlieue.

Nous sommes champions du monde, mais nous ne remplirons jamais des stades de 30 000 places pour un match de 3e division, comme en Angleterre. Et cela ne changera pas.

Nous aimons le football, comme si cela ne se faisait pas. Cela nous rend maladroits à son égard, surtout quand nous avons la chance d’y briller. Comme des amoureux qui ne savent pas se déclarer. Et qui se ridiculisent quand ils le font.

Nous avouons volontiers notre goût pour le sport quand il sert notre intégration dans un groupe social que nous jugeons valorisant, ou quand il permet de promouvoir nos performances personnelles, sur le grand marché de l’égo. Le succès du running est un bon exemple de ce phénomène.

A ce propos, vous savez que je cours plus de cinq kilomètres en trente minutes ?

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Drapeau Brésil por Baptiste Fillon

Um empate, uma vitória. Esta semana, a França encontrou SEUS Bleus, com sua segunda estrela.

Esta estrela não tem o sabor de 1998, mas faz da França uma grande nação do futebol.

Isso é bom

Como em 1998, uma onda de alegria invadiu o país. O futebol tem sido o pretexto para uma enxurrada de comentários « apaixonados » sobre educação, economia, vida, morte, amor e … futebol.

De fato, depois de uma Copa do Mundo vitoriosa, o esporte real é se proteger do despejo de chavões e tolices auto-satisfatórias que esse sucesso acarreta. Por 4 anos …

Uma daquelas pérolas de excesso atraiu minha atenção.

No calor do sucesso, uma bela alma protestou contra a tradição francesa de relegar a atividade física abaixo da atividade intelectual. Ela argumentou que esporte, futebol em particular, deveria ser considerado igual a literatura, idiomas, filosofia, etc.

Ela disse isso com ardor e indignação, como se carregasse o padrão de uma causa oprimida.

O problema é que o esporte já está suplantando a cultura.

Tome o que hoje é o critério de todo valor: dinheiro. E vamos nos concentrar no futebol (isso encarna perfeitamente o fenômeno e é especialmente o esporte que eu conheço melhor).

Apenas uma comparação. Para uma carreira, um prêmio Nobel de literatura é de 900.000 euros. No PSG, Neymar recebe um salário mensal de 3 milhões de euros, excluindo impostos.

E tudo está dito.

Eu poderia encontrar milhares de exemplos.

Mas mais do que a vitória simbólica e financeira do negócio esportivo sobre as disciplinas da mente, o raciocínio simplista dessa bela alma ilustra a relação que os franceses – especialmente suas « elites » intelectuais – têm com o esporte, e em particular o futebol. Eles oscilam entre o desprezo e uma fascinação feliz, às vezes se voltando para o chauvinismo (quando o time da França ganha um título importante, ou um dos nossos clubes é capaz de colocar 3-0 no Bayern de Munique).

Na França, o esporte continua bastante esotérico. Aqui, novamente, o caso do futebol é emblemático. Em suma, ele é visto como uma paixão de analfabeto, que delega seu cérebro de peixe dourado a seus dez companheiros de equipe (quando é jogador), ou aos milhares de torcedores que aplaudem os mesmos clubes que ele (quando ele está em tribuna ou assistir a um jogo, esticado em seu sofá).

E está inscrito em nossas cidades, nossos costumes.

Em Paris, campos esportivos coletivos são relegados à periferia da cidade ou nos subúrbios.

Somos campeões mundiais, mas nunca iremos completar estádios de 30.000 lugares para um jogo da 3ª divisão, como na Inglaterra. E isso não vai mudar.

Nós amamos o futebol, como se isso não estivesse correto. Isso nos torna desajeitados, especialmente quando temos a chance de brilhar. Como amantes que não sabem se declarar. E quem se ridiculariza quando eles fazem isso.

Admitimos prontamente nosso gosto pelo esporte quando ele serve à nossa inserção em um grupo social que consideramos importante, ou quando promove nosso desempenho pessoal, no grande mercado do ego. O sucesso da corrida de rua é um bom exemplo desse fenômeno.

A propósito, você sabe que eu corro mais de cinco quilômetros em trinta minutos?

Photo credit: Pascal le Cheval on Visualhunt.com / CC BY