O drible e a tática / Le dribble et la tactique

Drapeau Brésil por Custódio Rosa

Se o futebol for um templo, sem fronteiras e sem pátria, pode-se entrar nele por duas entradas distintas:

Uma é a da diversão, da fantasia, a dança lúdica com a bola, o descompromisso total e absoluto com a linha reta. Chamamos isto de drible.

A outra é a da organização, do planejamento, o compromisso com as posições, os espaços e com o resultado final. Chamamos isso de tática.

O drible é o desvio de caráter permitido. É quando aquele que diz ser, não é; o que diz ir, não vai; o que insinua e aponta mas faz o oposto, e você não pode condená-lo por isso. A tática é a idéia aprisionada. A tentativa de prever e acondicionar, em um invólucro de gente e espaço, toda a imprevisibilidade do jogo.

O drible é a infância, onde a brincadeira é obrigatória, a fantasia é a regra vigente, a molecagem uma doutrina e uma escola pra vida: caia sentado e aprenda, porque ou você engana a vida ou a vida vai te enganar.

A tática é a maturidade, onde a organização se impõe, a responsabilidade te chama a cumprir sua função, a irresponsabilidade é punida com a humilhação: você não foi capaz de fazer sua parte.

Estas idéias opostas, de liberdade absoluta e aprisionamento do indivíduo, se complementam e se tocam, combatendo uma à outra, mas namorando entre si, como amantes que se odeiam nutrindo pelo outro uma atração proibida.

Um jogo só de dribles seria um jogo sem moral, sem sentido e fadado ao fracasso. Uma espécie de conjunto de focas amestradas, personagens de circo se exibindo em um picadeiro confuso, uma orquestra só de solistas aborrecendo a platéia.

Um jogo só de tática não é um jogo, mas um combate de robôs sem inspiração. A organização pura de um time, em seu limite, seria uma infantaria em ordem-unida, marchando em direção ao adversário, torcendo para não ter que lidar com aquele objeto redondo e inconveniente, a bola.

Como qualquer templo, o futebol está sujeito à cultura do qual faz parte. Ele dialoga com o lugar no qual está envolvido, dá e absorve do povo que o circunda.

O Brasil é um país jovem, feito de gente misturada. E por ser jovem, um tanto irresponsável e delinquente, com tanto chão sob os pés, se vale do drible. Da irresponsabilidade de quem acha que tem todo o espaço e tempo do mundo pra viver, se divertir e ainda virar o jogo.

Somos crianças adoráveis, veja como encantamos vocês, veja como os seduzimos, como podemos fazer-los sonhar.

Por isso, perdoem nossos improvisos.

Europeus são um povo bem mais antigo, feito de gente que trazia de suas aldeias a organização como célula de sobrevivência em um terreno disputado e pequeno e longos invernos.

Vencer Romanos, segurar os Russos e aturar os Ingleses não é lá tarefa muito fácil, exige disciplina e um grande espírito de grupo.

Natural que isso resulte em um futebol tático, feito de obrigações e ocupação de espaço.

Os grandes gênios do futebol europeu foram, antes de mais nada, grandes organizadores de jogo. Sua poesia era driblar dentro da funcionalidade.

Os grandes gênios do futebol brasileiro eram improvisadores natos, que traziam da rua a faísca do inesperado, adequando-a na busca da vitória.

Basta jogar uma pelada nos campos amadores do Brasil que você percebe que drible é muito mais perseguido que o gol.

Só perde mesmo para o golaço, que nada mais é do que um gol que se vestiu de drible pra poder se divertir um pouco mais.

 

Drapeau France par Custódio Rosa

Si le football est un temple, sans frontières et sans pays, vous pouvez y pénétrer par deux entrées différentes:

L’un est le plaisir, la fantaisie, la danse ludique avec le ballon, le désengagement total et absolu avec la ligne droite. Nous appelons cela un dribble.

L’autre est celui de l’organisation, de la planification, du respect des positions et des espaces, et du résultat final. Nous appelons cela la tactique.

Dribbler est une déviance autorisée. C’est ne pas être ce qu’on dit être; c’est dire qu’on va quelque part et ne pas y aller; c’est insinuer et indiquer mais faire le contraire, et personne ne peut le blâmer pour cela. La tactique est l’idée emprisonnée. La tentative de prédire et d’emballer, dans une enveloppe de personnes et d’espace, toute l’imprévisibilité du jeu.

Le dribble est l’enfance, où l’amusement est obligation, la fantaisie la règle dominante, la jeunesse une doctrine et une école pour la vie: tomber et apprendre, parce que soit tu triches avec la vie, soit elle triche avec toi.

La tactique est la maturité, où l’organisation s’impose, la responsabilité t’appelle à remplir ta fonction, l’irresponsabilité est punie d’humiliation: tu n’as pas rempli ton rôle.

Ces idées opposées, de liberté absolue et d’emprisonnement de l’individu, se complètent et se touchent, se combattent, mais se retrouvent, comme des amants qui se haïssent, nourrissant l’un pour l’autre une attraction interdite.

Un jeu uniquement fait de dribbles serait sans moralité, insignifiant et voué à l’échec. Une sorte d’assemblage de phoques apprivoisés, de personnages de cirque paradant sur une piste confuse, un orchestre de solistes agaçant le public.

Un jeu uniquement tactique n’est pas un jeu, mais un combat de robots sans inspiration. L’organisation pure d’une équipe, dans sa limite, serait une unité d’infanterie unie, marchant vers son adversaire, espérant ne pas avoir à faire face à cet objet rond et gênant, la balle.

Comme tout temple, le football est soumis à la culture dont il fait partie. Il dialogue avec l’endroit où il est impliqué, donne et absorbe les personnes qui l’entourent.

Le Brésil est un pays jeune, composé de personnes métissées. Et parce qu’il est jeune, un peu irresponsable et délinquant, avec tant de terrain sous ses pieds, il utilise le dribble. De l’irresponsabilité de ceux qui pensent avoir tout l’espace et le temps du monde pour vivre, s’amuser et renverser un match.

Nous sommes des enfants adorables, voyez comme nous vous enchantons, voyez comme nous vous séduisons, comment nous pouvons vous faire rêver.

Alors pardonnez-nous pour nos improvisations.

Les Européens sont un peuple bien plus ancien, composé de personnes qui apportait leur organisation comme une cellule de survie sur un terrain petit et contesté et longs hivers.

Vaincre les Romains, tenir les Russes à distance et supporter les Anglais, ce n’est pas une tâche facile, cela demande de la discipline et un grand esprit de groupe.

Normal que cela donne un football tactique, fait d’obligations et d’occupation de l’espace.

Les grands génies du football européen étaient avant tout de grands organisateurs de jeux. Leur poésie consistait à dribbler dans la fonctionnalité.

Les grands génies du football brésilien sont nés improvisateurs, ils ont apporté de la rue l’étincelle de l’inattendu, l’ajustant à la recherche de la victoire.

Il suffit de jouer sur les terrains amateurs du Brésil pour réaliser que le dribble est beaucoup plus recherché que le but.

On peut même rater un but magnifique, cela n’est rien de plus qu’un but déguisé en dribble pour nous amuser un peu plus.

Les clubs, rois du football / Os clubes, reis do futebol

Drapeau France par Baptiste Fillon

Deuxième étoile pour les Bleus. Les gens klaxonnent dans les rues,  l’hystérie collective se répand.

C’est bien, mais Dieu que cette Coupe du monde m’a semblé fade. Peu d’intensité, peu de créativité. Un 8e de finale de Champions League, ou un match de haut de tableau du championnat d’Espagne, est plus intéressant à voir que 95% des rencontres de cette édition.

Oui, comme beaucoup de gens, je me suis ennuyé, et les records qui sont tombés les uns après les autres n’y ont rien fait. Au contraire. Je crois que ce phénomène inédit témoigne de la démobilisation des équipes de ce Mondial, notamment des plus prestigieuses. Hormis la France et la Belgique. Une réalité piteusement inauguré par l’Italie et les Pays-Bas. La faute à la fatigue, peut-être. Mais pas seulement.

Je crois cette Coupe du monde signe un changement d’ère : celle de la prise de pouvoir des clubs. C’est sous les maillots de City, de Barcelone ou de l’Inter que les joueurs se donnent le plus. ll faut se rendre à l’évidence : le top 20 des équipes européennes proposent un jeu plus huilé et plus varié que l’immense majorité des sélections ayant participé à cette Coupe du monde russe. Chaque semaine, les cracks du monde entier évoluent dans des clubs meilleurs que leur pays.

La faute peut-être aussi au public. Les clubs offrent la consolation permanente, ils sont une part de votre vie. Ils mobilisent des hordes de supporters, chaque semaine, autour du monde. Ils vous aident à atteindre le samedi, ou le dimanche, à subir votre patron ou votre femme. Ils vous soulagent de la routine, comme l’expliquait mon cher Custódio. Et ce lien affectif, intime, supplante la ferveur nationale.

Les clubs rapportent aussi un argent incroyable. Une manne continue, tout au long de l’année. Et je crois que le spectacle, l’engagement et les coeurs ont suivi le business, de façon irréversible.

 

Drapeau Brésil por Baptiste Fillon

Segunda estrela para os Bleus. As pessoas estão buzinando nas ruas, a histeria coletiva está se espalhando.

Isso é bom, mas, Deus, que esta Copa do Mundo me pareceu sem graça. Pouca intensidade, pouca criatividade. As oitavas de final da Liga dos Campeões, ou um grande campeonato na Espanha, é mais interessante do que 95% dos jogos deste edição.

Sim, como muitas pessoas, fiquei entediado e os recordes que caíram um após o outro não fizeram nada. Pelo contrário. Acredito que isso fenômeno sem precedentes atesta a desmobilização das equipes desta Copa do Mundo, especialmente as mais prestigiadas. Exceto a França e a Bélgica. Uma realidade lamentávelmente inaugurada pela Itália e Holanda. Falha com fadiga, talvez. Mas não só

Acredito que esta Copa do Mundo sinaliza uma mudança de época: a da predominância de clubes. É sob as camisas da City, Barcelona ou Inter que os jogadores jogam melhor . Temos de enfrentar os factos: as 20 melhores equipas europeias oferecem um
jogo mais azeitado e mais variado do que a grande maioria das seleções
que participaram neste Mundial russo. Cada semana, os craques do mundo inteiro jogam em clubes melhores do que seus países.

A falha também pode ser a do público. Clubes oferecem consolo permanente, eles são uma parte da sua vida. Eles mobilizam hordas de apoiadores toda semana ao redor do mundo. Eles ajudam você a chegar no sábado ou no domingo para se apresentar ao seu chefe ou à sua esposa. Eles aliviam sua rotina, como explica meu querido Custódio. E esse vínculo emocional e íntimo suplanta o fervor nacional.

Os clubes também trazem dinheiro incrível. Um maná continua ao longo do ano. E acredito que o show, o compromisso e os corações seguiram o negócio, irreversivelmente.

Header Photo credit: nicksarebi on Visualhunt.com / CC BY

France-Pérou, victoire 0-0 / França-Peru, vitória 0-0

Drapeau France par Baptiste Fillon

Le match a commencé. Je dois écrire quelque chose je dois trouver une idée ça doit être bien original.

Un sonnet. Ça fait longtemps. C’est vieillot mais drôle à faire.

12 pieds, de l’alexandrin. Je ne me souviens plus de l’alternance des rimes. Commence, tu verras. Je me fais passer pour quelqu’un qui n’aime pas le foot.

Quand je regarde le foot, je m’ennuie un peu,

Où est «le drogué» ? Kanté, il est rayonnant.

Le drogué joue en blanc et je soutiens les Bleus

Nous faisons neuf passes sur dix dans notre camp.

Je tiens le premier quatrain.

On marque un but, il paraît qu’on est favoris…

J’ai le premier vers du deuxième quatrain.

Non, c’est nul. Nul. Et contraignant.

Les Péruviens doivent gagner. On ne doit pas perdre, pour assurer la qualification.

Le match n’est pas fou. Mais il y a de l’engagement. Ça sent le
jus de cervelle. La tactique. On les attend et on se propulse une fois
le ballon récupéré. Nos attaquant sont jeunes, techniques. Et beaux,
sûrement.

Le plus jeune a ouvert le score. Mbappé.
Guerreiro met tout ce qu’il a dans sa frappe. Mais Lloris pare.

La mi-temps arrive vite.

Et les pubs avec elle. 100.000 euros les 30 secondes. Et de la
magie. Une femme convainc son mari d’acheter une cuisine équipée. Un
type chante nu au milieu de supporters Islandais coiffés de casques à
cornes.
Que de belles histoires. C’est festif, joyeux, facile.

Deuxième mi-temps. Pogba est au-dessus. C’est notre 10 à nous, milieu défensif.

C’est quoi, cette peur de perdre? On joue tous derrière, en attendant la faute, le contre.

Un Péruvien propulse une mine sur le poteau. Cela ferait un joli vers. Je tente de me recoller au sonnet. Rien ne vient.

Carrillo arrose le but français. Ses frappes vont en tribune.
C’est souvent dans ces instants que l’équipe de France marque. On va
leur servir un coup de grâce, digne de notre statut de faux outsider.

Mais on prend goût à être dominés.
Le commentateur vend déjà les analyses d’après-match. Lui aussi s’ennuie.

Cela devient mystique, flottant. Je fixe sur les coupes de cheveux, la forme des tribunes, qui paraissent sortir du stade, les échauffements des remplaçants, la langue des statistiques, toutes en anglais.

J’entends que le gardien péruvien se fait surnommer «Le Poulpe».
En fait, les Péruviens ne marqueront jamais, plus jamais.
Mbappé sort. S’il pouvait le faire à genoux, en pénitent, il ne s’en priverait pas. C’est vicieux, et drôle.

Sur le trottoir d’en face, un DJ prépare ses platines pour la
Fête de la Musique. Les baffles laissent échapper des boum boum. Une
pensée pour les gens qui vivent là. Le charme de Paris. Le mètre carré à
10 000 euros ne garantit pas du boucan.

On déroule les statistiques. Le temps s’étire, se dilate. Il fait beau dehors. Sur un balcon, une ligne de géraniums roses paraissent fluorescentes, à la lumière du soleil.

Le sifflet de l’arbitre couine. Il y a aussi des cornes de brume, rappelant qu’on devrait s’amuser. Devant moi, la table se vide.
Les gens s’excusent, sortent.

Le sonnet, c’était vraiment une mauvaise idée.

Dembélé!!!
Non…

Les supporters péruviens crient encore. Ils y croient. Il suffit d’un but. Et c’est insurmontable, pénible.

Je suis en lévitation.
Je suis Thérèse d’Avila, Maître Eckhart. Mon corps et mon esprit divorcent. Je flotte au-dessus de moi-même.

Puis l’arbitre siffle. Trois fois.

On a gagné. Mais combien? 0-0?

Source : https://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20180622.OBS8604/revivez-le-match-france-perou-du-point-de-vue-du-ballon.html

 

Drapeau Brésil por Baptiste Fillon

A partida começou. Eu devo escrever algo, preciso encontrar uma ideia, deve ser muito original.

Um soneto. Já faz muito tempo. É velho, mas engraçado de se fazer.

Doze pés, alexandrino. Não me lembro da alternância de rimas. Comece, você vai ver. Eu finjo ser alguém que não gosta de futebol.

Quand je regarde le foot, je m’ennuie un peu,

Où est «le drogué» ? Kanté, il est rayonnant.

Le drogué joue en blanc et je soutiens les Bleus

Nous faisons neuf passes sur dix dans notre camp.

(Quando assisto futebol, fico um pouco entediado

Onde está o viciado em drogas? Kanté, ele é radiante.

O viciado em drogas toca em branco e eu apoio os Bleus

Nós fazemos nove passes de dez em nosso campo.)

Eu seguro a primeira quadra.

On marque un but, il paraît qu’on est favoris…

(Marcamos um gol, parece que somos favoritos …)

Eu tenho o primeiro verso da segunda quadra.

Não é ruim. Ruim. E restrito.

Os Peruanos precisam vencer. Não devemos perder, para garantir a qualificação.

O jogo não é maluco. Mas há compromisso. Cheira suco cerebral. Táticas Nós esperamos por eles e nos impulsionamos uma vez o balão recuperado. Nossos atacantes são jovens, técnicos. E lindos, certamente.

O mais novo abriu o placar. Mbappé.
Guerreiro coloca tudo o que ele tem no tiro. Mas Lloris para.

A pausa vem rapidamente.

E os anúncios os anúncios vêm vem junto. 100.000 euros a 30 segundos. E magia. Uma mulher convence o marido a comprar uma cozinha. um homen nu canta no meio de fãs islandeses usando capacetes com chifres.
Que lindas histórias. É festivo, feliz, fácil.

Segunda metade. Pogba está acima dos outros jogadores. Este é o nosso meio-campista defensivo.

O que é esse medo de perder? Todos nós jogamos para trás, esperando a culpa, os contras.

Um Peruano impulsiona uma mina no mastro. Isso faria um bom verso. Eu tento me ater ao soneto. Nada vem.

Carrillo assedia o gol francês. Seus golpes vão para as arquibancadas.
Muitas vezes é nesses momentos que a equipe da França marca. Vamos dar-lhes o golpe de misericórdia, digno do nosso status de falso outsider.

Mas nós gostamos de ser dominados.
O comentarista já vende a análise pós-partida. Ele também está entediado.

Torna-se místico, flutuando. Eu fixo em cortes de cabelo, fóruns de forma que parecem fora do estádio, sobreaquecimento dos jogadores substitutos, a linguagem das estatísticas, todos em Inglês.

Ouvi dizer que o guardião peruano é apelidado de « The Octopus ».
Na verdade, os peruanos nunca vão marcar, nunca mais.
Mbappé sai. Se ele pudesse fazê-lo de joelhos, penitente, ele não hesitaria. É vicioso e engraçado.

Na calçada em frente, um DJ prepara seus toca-discos para a « Fête de la Musique » (acontece todos os 21 de Junho, em França). Os alto-falantes soltam o boom boom. um pensamento para as pessoas que moram lá. O charme de Paris. O metro quadrado para
10.000 euros não garantem o silêncio.

Nós corremos as estatísticas. O tempo se estende, se expande. É bom lá fora. Em uma varanda, uma linha de gerânios rosa aparece fluorescente, à luz do sol.

O apito do árbitro silva. Há também trombetas, lembrando-nos que devemos nos divertir. Na minha frente, a mesa está vazia.
As pessoas se desculpam, saem.

O soneto, foi realmente uma má ideia.

Dembélé !!!
Não …

Os fãs Peruanos ainda estão gritando. Eles acreditam nisso. Apenas um gol. E é inalcançável, dolorido.

Eu estou levitando.
Eu sou Theresa de Ávila, Mestre Eckhart. Meu corpo e minha mente estão se divorciando. Eu flutuo acima de mim mesmo.

Então o árbitro apita. Tres vezes.

Nós vencemos. Mas quanto? 0-0?

Fonte : https://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20180622.OBS8604/revivez-le-match-france-perou-du-point-de-vue-du-ballon.html

Time é amor, Seleção Brasileira é Hollywood / Mon équipe c’est de l’amour, la Seleção c’est Hollywood

neymar_osca

Drapeau Brésil por Custódio Rosa

No Brasil, quase todo mundo tem um clube de coração.

Mesmo assim sobra muita gente que não é torcedor de clube, ou que não chega a perder fios de cabelo por uma derrota do seu time.

Na Copa as coisas mudam.

Uma legião de pessoas de todos os sexos e idades entra neste território estranho e imprevisível chamado « torcida ». Gente que o ano inteiro não sabe o que é impedimento, reclama do excesso de jogos na tevê atrapalhando a novela, ou fura as bolas dos garotos quando caem no quintal, a cada quatro anos vira torcedor de futebol. Roem unhas, torcem as mãos (dizem vir daí o termo), suam frios, tomam água com açúcar, perdem o apetite e sofrem antes, durante e, muitas vezes, após o jogo.

Mas nós, os outros, que torcemos para nossos times regularmente, duas vezes por semana, 11 meses por ano, olhamos para esse contingente de aflitos ocasionais como olham velhos veteranos de guerra para aqueles recrutas assustados desembarcando no primeiro combate.

Com nossas cicatrizes no lombo, rimos desse desespero alheio: torcer para time é uma coisa bem diferente de torcer para a Seleção.

O time joga sempre.

A todo momento ele testa seu amor, seus limites, sua paixão. Ele te trata muito mais mal do que bem. Você fica muito mais infeliz do que feliz. Entre 20 times de cada campeonato, só um ganha, por isso amar um time é um masoquismo estatístico.

Mesmo assim você ama, sofre por 70 jogos no ano.

É um amor vagabundo, vira-lata, que fica feliz com qualquer afago, carinho que o time lhe faça, mesmo sendo uma vitória suspeita aos 43 do segundo tempo, injusta mas redentora.

Amar um time de futebol é como amar uma mulher que te faz de gato e sapato, te trai e te pisa, faz você ser motivo de piadas dos cunhados, dos vizinhos, dos amigos do escritório, e mesmo assim você não consegue largar.

Já torcer pro Brasil… aquele time em que jogaram Pelé, Garrincha, Rivelino, Zico, Didí e Ronaldo? Aquele que é mais vezes campeão? Aquele que é famoso porque tem o jogo mais bonito do mundo?

Torcer pro Brasil é moleza.

Se a gente olhar bem, torcer pro Brasil é como assistir um filme no cinema. Você senta, pega a pipoca, sabe que vai rolar um espetáculo e que os mocinhos estão do seu lado. Vai ver vários efeitos especiais e as chances de final feliz são muito grandes. Porque a gente quer ver um futebol-Hollywood. Amar a seleção é fácil como amar o… Indiana Jones de chuteiras.

Já amar o time do coração é muitas vezes amar o bandido, o errado, aquele que não merece mas a gente quer ver ganhar.

Sejam bem-vindos os torcedores temporários das Copas. Eu já preparei a pipoca, vou sentar no meu sofá e assistir ao espetáculo. Quero alegria, diversão e efeitos surpreendentes. E se os mocinhos não vencerem no final, eu só desligo a tv.

Porque em alguns dias já tenho encontro com meu verdadeiro amor.

 

Drapeau France par Custódio Rosa

Au Brésil, tout le monde ou presque a un club de coeur.

Malgré tout, beaucoup de gens  ne supportent pas un club en particulier, ou qui ne ne s’arrachent pas les cheveux quand leur équipe perd.

Tout change lors de la Coupe du Monde.

Une armada de personnes de tous sexes et de tous âges pénètre sur ce territoire étrange et imprévisible appelé «supporterisme». Ceux qui ne savent pas ce qu’est un hors-jeu, qui se plaignent du nombre de matchs excessif à la télé, perturbant la diffusion de leur novela, ou crèvent les ballons des gamins quand ils tombent dans leur cours, tous les quatre ans, ces gens deviennent fans de football. Ils se rongent les ongles, se tordent les mains (c’est de là que vient le terme « torcedor »), ont des sueurs froides, boivent du soda, perdent leur appétit et souffrent avant, pendant et, souvent, après le match.

Mais nous autres, qui soutenons nos équipes tout l’année, deux fois par semaine, 11 mois par an, nous regardons ce contingent de passionnés occasionnels comme des anciens combattants observent des recrues apeurées, débarquant dans la bataille.

Avec notre peau lardée de cicatrices, nous rions de ce désespoir lunaire : supporter mon équipe est totalement autre chose que d’encourager la Seleção.

Mon équipe joue toute l’année.

A chaque fois, elle teste votre amour, vos limites, votre passion. Elle vous traite plus mal que bien. Vous êtes beaucoup plus malheureux que heureux. Parmi les 20 équipes d’un championnat, une seule le remporte. Aimer une équipe est donc un masochisme statistique.

Même si vous l’aimez, vous souffrez pendant 70 matchs par an.

C’est un amour sans-abri, cabot, qui se satisfait des soucis, de l’affection que votre équipe génère, même s’il s’agit d’une victoire glauque à 87e minutes de jeu, injuste mais rédemptrice.

Aimer une équipe de football, c’est aimer une femme qui fait de vous un chat et un godillot, qui vous trahit et vous vole, qui  fait de vous un sujet de blagues pour vos beaux-frères, vos voisins, vos amis de bureau, et que vous n’arrivez pas à quitter.

Encourager le Brésil … cette équipe dans laquelle ont joué Pelé, Garrincha, Rivelino, Zico, Didi et Ronaldo? Celle qui compte le plus de victoires ?  Celle qui est célèbre parce qu’elle possède le plus beau jeu du monde?

Encourager le Brésil, c’est un jeu d’enfant.

Si on y regarde bien, encourager le Brésil, c’est comme regarder un film au cinéma. Vous vous asseyez, vous prenez du popcorn, vous savez que vous allez avoir du spectacle, et que les gentils sont de votre côté. Vous verrez des effets spéciaux et il y de grandes chances d’avoir une fin heureuse. Parce que nous voulons voir du football hollywoodien. Aimer la sélection est aussi facile que d’aimer… Indiana Jones en crampons.

Aimer son l’équipe du coeur c’est souvent aimer le bandit, le méchant, celui qui ne le mérite pas, mais que les gens veulent voir gagner.

Les supporters temporaires de la Coupe du monde sont les bienvenus. J’ai déjà préparé le pop-corn, je vais m’asseoir sur mon canapé et visionner le spectacle. Je veux de la joie, du fun et des effets incroyables. Et si les gentils gagnent à la fin, j’éteins la télé.

Parce que dans quelques jours, j’ai déjà rendez-vous avec mon véritable amour.

Torcer contra / Pourvu que mon équipe perde

avestruz_vergonha

Drapeau Brésil por Custódio Rosa

O Brasil estréia na Copa e grande contingente de pessoas diz que vai torcer contra. Mais que isso, muitos vão torcer pra Argentina.

Existem vários fatores que explicam essas atitudes. Aos que têm algum discernimento, a imensa vergonha de vestir a camisa amarela, utilizada por incontáveis patos que jogaram o país em uma rota de atraso de décadas. A corrupção da CBF. O protesto contra a alienação dos jogadores, dos dirigentes e do futebol em si, o “ópio do povo”. A situação geral, pois “há outras prioridades”.

Os motivos não são desprezíveis.
Por isso, este blog resolveu fazer a pesquisa:
“Quando realmente foi permitido torcer para o Brasil?”.
Em 2014, o país mergulhado em problemas, sediando a própria Copa, que vergonha.
Em 2010, os julgamentos do Mensalão, o futebol não poderia tirar a atenção disso.
Em 2006, o início do Mensalão, seria muito alienado torcer neste momento.
Em 2002, final de governo do FHC, alta rejeição, temos coisas mais importantes.
Em 1998, compra dos votos pra reeleição, acharam até comprovante.
Em 1994, governo do Itamar Franco, lembram do “vôo da muamba”?
Em 1990, governo Collor de Mello, você está brincando que vou apoiar isso?
Em 1986, Plano Bresser, bois escondidos no pasto, inflação de 82% ao mês.
Em 1982, 1978, 1974, 1970 e 1966, Ditadura Militar, o futebol como arma de manipulação das massas. Sem chances de torcer a favor.

Em 1962 e 1958, num dos raro momentos em que o país parecia estar indo na direção de seu potencial, Cinema Novo, Bossa Nova, Capital Nova, eleições com resultados respeitados, Pererê do Ziraldo nas bancas. Acho que nessa época dava pra torcer sem problemas. E ganhamos as duas Copas.

Nesse imenso intervalo, seguindo nossas diretrizes e convicções ideológicas, teríamos perdido alguns dos momentos mais sublimes que esta atividade humana universal, o futebol, proporcionou ao planeta. A perfeição divina da seleção de 1970, a magia fracassada de 1982, o drama épico de 1994, a “família” de 2002.

Enquanto isso, africanos, indianos, árabes, franceses, russos, mexicanos e tantos outros espalhados pelo mundo torciam apaixonadamente pra nós, ou porque faziam protestos exatamente iguais em seus próprios países, ou porque para eles simbolizamos uma entidade mística e um estado de espírito quase divino quando entramos em campo com uma bola nos pés.

Se você quer torcer contra, tudo bem.
Eu confesso que já fiz isso muitas vezes também. Na verdade nem estou muito convencido de torcer a favor este ano.

Agora… torcer pra Argentina?
Vai pra Buenos Aires, seu milongueiro!

 

Drapeau France par Custódio Rosa

Le Brésil fait ses débuts dans la Coupe du Monde et beaucoup de monde dit prier pour qu’il échoue. Mieux encore, beaucoup vont encourager l’Argentine.

Plusieurs facteurs expliquent cette attitude. Pour ceux qui ont un peu de discernement, c’est d’abord l’immense honte de porter le maillot jaune, instrumentalisé par d’innombrables incompétents qui ont plongé le pays dans un retard de plusieurs décennies. La corruption de la CBF. La protestation contre l’aliénation des joueurs, les dirigeants et le football lui-même, « l’opium du peuple ». La situation du pays, car « il y a d’autres priorités ».

Ces motifs ne sont pas à dénigrer.
Donc, ce blog choisit de poser la question suivante :
« Quand a-t-il été permis de supporter le Brésil? »
En 2014, le pays pataugeait dans les problèmes, accueillant quand même la Coupe, quelle honte.
En 2010, les jugements du Mensalão, le football ne pouvait pas distraire nos regards de cela.
En 2006, le début du Mensalão, il serait idiot d’imaginer supporter la sélection à cette période-là.
En 2002, la fin du gouvernement de FHC, le rejet élevé, nous avons des choses plus importantes à faire.
En 1998, les votes achetés de la réélection, dont on a même les preuves.
En 1994, le gouvernement d’Itamar Franco, se souvient-on du « vol do Muamba »?
En 1990, le gouvernement Collor de Mello, croyez-vous que je vais soutenir cela ?
En 1986, Plan Bresser, boeufs cachés dans les pâturages, inflation de 82% par mois.
En 1982, 1978, 1974, 1970 et 1966, dictature militaire, le football comme arme de manipulation des masses. Aucune chance de s’en réjouir.

En 1962 et 1958, dans l’un des rares moments où le pays semblait en passe de s’accomplir, Cinema Novo, Bossa Nova, Capital Nova, élections avec des résultats acquis et adoubés, Pererê do Ziraldo dans les tribunes. Je pense que c’était un plaisir de supporter la seleção en ce temps où il n’y avait pas de problèmes. Et nous avons gagné les deux coupes du monde.

Dans cet immense intervalle, suivant nos directives idéologiques et nos convictions, nous avons manqué certains des moments les plus sublimes que cette activité humaine universelle, le football, a fourni à la planète. La perfection divine des années 1970,  la magie ratée de 1982, le drame épique de 1994, la «famille» de 2002.

Pendant ce temps, Africains, Indiens, Arabes, Français, Russes, Mexicains et tant d’autres autour du monde se passionnaient passionnément pour nous, ou parce qu’ils avaient les mêmes revendications dans leurs propres pays, ou parce que pour eux nous symbolisions une entité mystique et un état d’esprit presque divin, quand nous sommes sur le terrain, balle aux pieds.

Si vous voulez que la seleção se loupe, très bien.
J’avoue que je l’ai fait de nombreuses fois, aussi. En fait, je ne suis pas non plus certain de la supporter cette année.

Maintenant … encourager l’Argentine?
Va plutôt à Buenos Aires, espèce de « milongueiro »!