Les bons sentiments de Bolsonaro / Os bons sentimentos de Bolsonaro

Drapeau France par Baptiste Fillon

Bolsonaro sera le nouveau Président du Brésil. Malgré son usage éhonté du mensonge, de la violence verbale, son mépris de l’intelligence, son indécence historique, et un amateurisme dont on commence à entrevoir l’ampleur.

D’autres l’ont fait avant lui, même ceux qu’on disait modérés. Mais aucun n’en a joué de façon aussi systématique que lui.

Voilà le Brésil face à lui-même. Ses démons, plus ou moins vieux.

Le programme de Bolsonaro, c’est le retour au stade pré-anal, voire foetal, une enfance de l’être où l’on frappe la première personne qui vous contrarie, où l’on chasse celui ou celle qui est différent de vous, où l’on insulte celui ou celle qui prononce un mot que vous comprenez seulement au bout de 3 secondes.

C’est la quête du confort absolu.

Bolsonaro a su parfaitement exploiter la situation catastrophique du Brésil et de la politique brésilienne, mais il a surtout su proposer de bons sentiments. La protection, le câlinage. Du moins pour son électorat.

Il faut le suivre sur Twitter, observer son compte Instagram, pour réaliser qu’il se pose en papa. Celui qui vous défendra, même si vous avez tort, même s’il a tort, pourvu que vous pensiez comme lui.

Il est le signe d’une époque qui sacrifie tout à son confort immédiat, même son futur. Un temps qui a peur, et qui refuse de dépasser ses appréhensions, par bêtise et lâcheté. C’est de la politique infantile et magique, à l’instar de tous les populismes. Un peu comme si un type vous disait de danser sur une autoroute en vous jurant qu’il ne vous arrivera rien, parce que lui l’a décidé ainsi.

Bolsonaro est le chaman du pauvre. Un barbare des bons sentiments, qui dispense de tout, sauf d’une jouissance piteuse, abrutissante et basse. Ce que certains appellent le « bonheur ».

—-

Drapeau Brésil por Baptiste Fillon

Bolsonaro será o novo presidente do Brasil. Apesar de seu uso flagrante de mentiras, abuso verbal, o desprezo da inteligência, sua indecência histórica e amadorismo que nós começamos a ver a escala.

Outros fizeram isso antes dele, mesmo aqueles que foram considerados moderados. Mas nenhum deles jogou tão sistematicamente como ele fez.

Esse é o Brasil enfrentando a si mesmo. Seus demônios, mais ou menos velhos.

O programa de Bolsonaro é a volta à fase de pré-anal, mesmo fetal, uma infância do ser onde você pode bater o primeira pessoa que te incomoda, onde você pode caçar o homem ou a mulher que é diferente de você , onde você pode insultar aquele que pronuncia uma palavra que você entende apenas após 3 segundos.

É a busca pelo conforto absoluto.

Bolsonaro foi capaz de explorar plenamente a situação catastrófica do Brasil e da política brasileira, mas ele foi especialmente capaz de oferecer bons sentimentos. Proteção, abraços. Pelo menos para o seu eleitorado.

Você tem que segui-lo no Twitter, assistir sua conta no Instagram, para perceber que ele está posando como um pai. Aquele que irá defendê-lo, mesmo se você estiver errado, mesmo que ele esteja errado, desde que você pense como ele.

É o sinal de um tempo que sacrifica tudo para o seu conforto imediato, até mesmo o seu futuro. Um tempo que tem medo, e se recusa a superar suas apreensões, pela estupidez e covardia. É política infantil e mágica, como todos os populismos. Um pouco como um cara te dizendo para dançar numa estrada e jurar que nada vai acontecer com você, porque ele decidiu assim.

Bolsonaro é o xamã dos pobres. Um bárbaro de bons sentimentos, que dispensa tudo, exceto um prazer lamentável, entorpecente e baixo. O que alguns chamam de « felicidade ». 

Être ou ne pas être Nutella / Ser ou não ser Nutella

Drapeau France par Baptiste Fillon

C’est une expression que j’aimerais voir passer en français. Au Brésil, quelqu’un est « Nutella » quand il est surprotégé, loin de la réalité, déconnecté. De la douceur niaise et médiocre, à tartiner.

L’expression désigne souvent la classe moyenne, aimant la vie comme on la présente dans les supermarchés. On l’emploie aussi pour évoquer des clubs de foot, des séries télévisées, les clubs de vacances, des best-sellers, et j’en passe. Elle caractérise des rêves cotonneux, aseptisés, reproduisant les clichés hors-sol que déversent la télévision, la pensée massifiée, les starlettes à la petite semaine, ainsi que la bêtise et l’égocentrisme de chacun. Le Nutella, ce sont des émanations sans âme, désincarnées, vêtus des illusions dont les parent les campagnes de publicité.

En France, nous n’avons pas d’expression équivalente. Il y a « Disneyland », quand on parle d’un endroit sans substance, un « Mc Job », pour un boulot sans intérêt, et mal payé, ou les « Footix », les types qui ne supportent que les équipes de football les plus fortes.

C’est dommage, car l’expression est claire : grasse, sucrée, dédiée à une douceur factice, imbécile. A l’image de notre civilisation, perfusée d’une niaiserie vulgaire, confortée. Lorsqu’elle se sent menacée, cette population Nutella est prête à tout céder à celui qui se présente comme son « sauveur », même son honneur et sa liberté. Après tout, que ne ferait-on pas pour conserver son barbecue et son canapé en cuir ?

Drapeau Brésil por Baptiste Fillon

Esta é uma expressão que gostaria de ver em francês. No Brasil, alguém é « Nutella » quando está superprotegido, longe da realidade, desconectado. Doce e medíocre doçura, para espalhar.

O termo geralmente se refere à classe média, amando a vida como é nos supermercados. Também é usado para evocar clubes de futebol, séries de televisão, clubes de férias, best-sellers e assim por diante. É caracterizada por sonhos higienizados, reproduzindo os planos artificiais que transmite a TV, o pensamento massificado, as starlettes medíocres, e a estupidez e egocentrismo de cada um. As Nutella são emanações sem alma, desencarnadas, vestidas de ilusões pelas campanhas publicitárias.

Na França, não temos uma expressão equivalente. Há « Disneyland », quando se fala de um lugar sem substância, um « Mc Job », para um trabalho sem juros e mal remunerado, ou o « Footix », a gente que só apoia os times de futebol mais fortes.

É uma pena, porque a expressão é clara: gorda, doce, dedicada a uma doçura fictícia, imbecil. Na imagem de nossa civilização, infundida com um absurdo vulgar, confortada. Quando se sente ameaçada, esta população de Nutella está pronta para dar tudo àquele que se apresenta como seu « salvador », até mesmo sua honra e sua liberdade. Afinal, o que você não faria para manter seu sofá de couro e churrasco?

Photo on VisualHunt.com

« On est le champions » / « Somos os campeões »

Drapeau France par Baptiste Fillon

Un nul, une victoire. Cette semaine, la France a retrouvé SES Bleus, auréolés de leur deuxième étoile.

Cette étoile n’a pas le goût de celle de 1998, mais elle fait de la France une grande nation du football.

C’est bien.

Comme en 1998, une vague d’allégresse a envahi le pays. Le football a offert le prétexte à un déluge de commentaires « passionnés » sur l’éducation, l’économie, la vie, la mort, l’amour et… le football.

En fait, après une Coupe du monde victorieuse, le vrai sport consiste a se protéger du déversement de platitudes et de bêtises auto-satisfaites que ce succès entraîne. Pendant 4 ans…

L’une de ces perles d’outrance a attiré mon attention.

Dans le feu du succès, une belle âme pestait contre la tradition française reléguant l’activité physique derrière l’activité intellectuelle. Elle plaidait pour que le sport, le football en tête, soit considéré à l’égal de la littérature, des langues, de la philosophie, etc….

Elle disait cela avec fougue et indignation, comme si elle portait l’étendard d’une cause opprimée.

Le problème, c’est que le sport supplante déjà la culture.

Prenons ce qui fait aujourd’hui l’aune de toute valeur : l’argent. Et concentrons-nous sur le football (il incarne parfaitement le phénomène et c’est surtout le sport que je connais le mieux).

Une seule comparaison. Pour toute une carrière, un Prix Nobel de littérature touche 900 000 euros. Au PSG, Neymar touche un salaire mensuel de 3 millions d’euros, hors taxe.

Tout est dit.

Je pourrais trouver des milliers d’exemples.

Mais plus que la victoire symbolique et financière du sport-business sur les disciplines de l’esprit, le raisonnement simpliste de cette belle âme illustre la relation que les Français – notamment ses « élites » intellectuelles – entretiennent avec le sport, et notamment football. Ils oscillent entre mépris et une fascination béate, virant parfois au chauvinisme (quand l’équipe de France remporte un titre majeur, ou qu’un de nos clubs est capable de mettre 3-0 au Bayern Munich).

En France, le sport reste assez ésotérique. Là encore, le cas du football est emblématique. Pour faire court, il est vu comme une passion d’analphabète, qui délègue sa cervelle de poisson rouge à ses dix coéquipiers (quand il joue), ou bien aux milliers de supporters qui encouragent le même clubs que lui (quand il est en tribune ou regarde un match, avachi dans son canapé).

Et c’est inscrit dans nos villes, nos moeurs.

A Paris, les terrains de sports collectifs se trouvent relégués à la périphérie de la ville, ou en banlieue.

Nous sommes champions du monde, mais nous ne remplirons jamais des stades de 30 000 places pour un match de 3e division, comme en Angleterre. Et cela ne changera pas.

Nous aimons le football, comme si cela ne se faisait pas. Cela nous rend maladroits à son égard, surtout quand nous avons la chance d’y briller. Comme des amoureux qui ne savent pas se déclarer. Et qui se ridiculisent quand ils le font.

Nous avouons volontiers notre goût pour le sport quand il sert notre intégration dans un groupe social que nous jugeons valorisant, ou quand il permet de promouvoir nos performances personnelles, sur le grand marché de l’égo. Le succès du running est un bon exemple de ce phénomène.

A ce propos, vous savez que je cours plus de cinq kilomètres en trente minutes ?

—–

Drapeau Brésil por Baptiste Fillon

Um empate, uma vitória. Esta semana, a França encontrou SEUS Bleus, com sua segunda estrela.

Esta estrela não tem o sabor de 1998, mas faz da França uma grande nação do futebol.

Isso é bom

Como em 1998, uma onda de alegria invadiu o país. O futebol tem sido o pretexto para uma enxurrada de comentários « apaixonados » sobre educação, economia, vida, morte, amor e … futebol.

De fato, depois de uma Copa do Mundo vitoriosa, o esporte real é se proteger do despejo de chavões e tolices auto-satisfatórias que esse sucesso acarreta. Por 4 anos …

Uma daquelas pérolas de excesso atraiu minha atenção.

No calor do sucesso, uma bela alma protestou contra a tradição francesa de relegar a atividade física abaixo da atividade intelectual. Ela argumentou que esporte, futebol em particular, deveria ser considerado igual a literatura, idiomas, filosofia, etc.

Ela disse isso com ardor e indignação, como se carregasse o padrão de uma causa oprimida.

O problema é que o esporte já está suplantando a cultura.

Tome o que hoje é o critério de todo valor: dinheiro. E vamos nos concentrar no futebol (isso encarna perfeitamente o fenômeno e é especialmente o esporte que eu conheço melhor).

Apenas uma comparação. Para uma carreira, um prêmio Nobel de literatura é de 900.000 euros. No PSG, Neymar recebe um salário mensal de 3 milhões de euros, excluindo impostos.

E tudo está dito.

Eu poderia encontrar milhares de exemplos.

Mas mais do que a vitória simbólica e financeira do negócio esportivo sobre as disciplinas da mente, o raciocínio simplista dessa bela alma ilustra a relação que os franceses – especialmente suas « elites » intelectuais – têm com o esporte, e em particular o futebol. Eles oscilam entre o desprezo e uma fascinação feliz, às vezes se voltando para o chauvinismo (quando o time da França ganha um título importante, ou um dos nossos clubes é capaz de colocar 3-0 no Bayern de Munique).

Na França, o esporte continua bastante esotérico. Aqui, novamente, o caso do futebol é emblemático. Em suma, ele é visto como uma paixão de analfabeto, que delega seu cérebro de peixe dourado a seus dez companheiros de equipe (quando é jogador), ou aos milhares de torcedores que aplaudem os mesmos clubes que ele (quando ele está em tribuna ou assistir a um jogo, esticado em seu sofá).

E está inscrito em nossas cidades, nossos costumes.

Em Paris, campos esportivos coletivos são relegados à periferia da cidade ou nos subúrbios.

Somos campeões mundiais, mas nunca iremos completar estádios de 30.000 lugares para um jogo da 3ª divisão, como na Inglaterra. E isso não vai mudar.

Nós amamos o futebol, como se isso não estivesse correto. Isso nos torna desajeitados, especialmente quando temos a chance de brilhar. Como amantes que não sabem se declarar. E quem se ridiculariza quando eles fazem isso.

Admitimos prontamente nosso gosto pelo esporte quando ele serve à nossa inserção em um grupo social que consideramos importante, ou quando promove nosso desempenho pessoal, no grande mercado do ego. O sucesso da corrida de rua é um bom exemplo desse fenômeno.

A propósito, você sabe que eu corro mais de cinco quilômetros em trinta minutos?

Photo credit: Pascal le Cheval on Visualhunt.com / CC BY

« Amore e Capoeira « … mais pas plus / « Amore e Capoeira »… Mas não mais

Drapeau France par Baptiste Fillon

Un grand morceau de musique de supermarché, qui nous vient d’Italie, visiblement.

Pour les clichés brésiliens, tout y est : sexe, soleil, cachaça, football, etc…

La chorégraphie vaut aussi le détour.

Ne manque que le bon goût. N’allons pas jusqu’à dire l’élégance.

Les artistes ont aussi réussi à mettre le Palmeiras à Rio de Janeiro. Ce qui a fait sourire Custódio, vert dans l’âme.

Vive l’amour entre les peuples. Mais surtout l’amour tout court (Comme dit la chanson : « Flex, time to have sex »)

——

Drapeau Brésil por Baptiste Fillon

Uma grande música de supermercado, que vem da Itália, obviamente.

Os clichês brasileiros, todos estão lá: sexo, sol, cachaça, futebol, etc …

A coreografia também vale a pena ver.

Só falta o bom gosto. Não vou tão longe a ponto de dizer elegância.

Os artistas também conseguiram colocar o Palmeiras no Rio de Janeiro. O que fez Custódio dar risada, verde na alma.

Viva o amor entre os povos. Mas acima de tudo, viva o amor (como diz a música: « Flex, time to have sex »)

Fascinant « raisonnable » / Fascinante « raisonnable » (razoável)

Drapeau France par Baptiste Fillon

Raisonnable est un mot fascinant. En français, je le trouve un peu long, et flasque. Mais c’est son inconsistance qui le rend intéressant. Il permet de signifier à l’autre sa bêtise, ou bien à exprimer votre désaccord. Ce qui revient à la même chose, en France. Je trouve qu’il incarne bien l’aversion au risque des Français, le goût d’une politesse qui n’en a que le nom, et le conservatisme national.

– Monsieur, soyez raisonnable

Cette phrase peut s’adresser à un cadre en costume lâchant une remarque sèche lors d’une réunion ennuyeuse comme la pluie, à un écrivain utilisant trop d’adjectifs, à un peintre utilisant trop de jaune, ou à un ivrogne urinant en public.

Celui ou celle qu’il vise est jeté de l’autre côté d’une barrière que vous avez vous-même placée, au moyen d’un faisceau de lois non écrites, que vous seuls connaissez, et que votre cible a le tort d’ignorer. La barrière et les lois ne sont peut-être que des illusions. Mais c’est la posture qui compte. Un combat sans coups. 

Et elle fonctionne encore mieux quand vous avez le pedigree pour l’assumer. Vous sortirez immanquablement vainqueur de la lutte. Si vous êtes le fils d’un Préfet de Police,  dirigeant dans un Groupe du CAC 40, issu de la noblesse d’Empire, vous êtes raisonnable. Un peu moins si votre mère est caissière de supermarché.

Raisonnable va du côté de la force, de la raison d’Etat, d’un bon sens intéressé à la perpétuation des intérêts en place.

Cet adjectif incarne d’un certain esprit français, faisant de ce pays une nation conservatrice, oligarchique, sachant manier avec passion la rhétorique révolutionnaire pour favoriser le statu quo.

Il place les limites, sans force, mais avec fermeté, par l’humiliation, et de façon définitive. Oui, même au pays des Droits de l’homme, on ne mélange pas les torchons et les serviettes… Encore une expression intéressante, mais ce sera pour une autre fois. Mon post est déjà bien assez long, ce ne serait pas raisonnable…

 

Drapeau Brésil por Baptiste Fillon

Raisonnable é uma palavra fascinante. Em francês, acho um pouco longa e flácida. Mas é sua inconsistência que a torna interessante. Ela permite que você aponte a estupidez do outro ou expresse sua discordância. O que equivale à mesma coisa, na França. Eu acho que isso incorpora a aversão ao risco dos Franceses, o gosto por uma polidez que é apenas um nome para o conservadorismo nacional.

– Monsieur, soyez raisonnable.

Senhor, seja razoável. Essa sentença pode ser endereçada a um executivo de terno que soltou uma observação seca em uma reunião chata como a chuva, um escritor usando muitos adjetivos, um pintor usando muito amarelo ou um bêbado urinando em público.

Aquilo que o outro está mirando é jogado para o outro lado de um muro que você mesmo construiu, por meio de um conjunto de leis não escritas, que só você sabe, e que ele vai ignorantemente errar. A barreira e as leis podem ser ilusões. Mas é a postura que conta. Uma luta sem golpes.

E funciona ainda melhor quando você tem o pedigree para assumir isso. Você inevitavelmente vencerá a luta. Se você é filho de um policial, líder de um grupo CAC 40*, da nobreza do Império, você é raisonnable. Um pouco menos se sua mãe é uma caixa de supermercado.

Raisonnable vai do lado da força, da razão de estado, um bom senso interessado na perpetuação dos interesses no mesmo lugar.

Este adjetivo incorpora um certo espírito francês, fazendo deste país uma nação conservadora e oligárquica, sabendo lidar com a retórica revolucionária com paixão para favorecer o status quo.

Ele coloca os limites, sem força, mas com firmeza, por humilhação e definitivamente. Sim, mesmo na Terra dos Direitos Humanos, on ne mélange pas les torchons et les serviettes (não misturamos toalhas e guardanapos) … Outra expressão interessante, mas será para outra ocasião. Meu post já é longo o suficiente, não seria raisonnable

*Índice da Bolsa de Valores Francesa.

Le goût de l’hiver / O gosto do inverno

Drapeau France par Baptiste Fillon

C’est un dessin publié dans une revue brésilienne qui m’a fait songer à cet article. Bula, si mes souvenirs sont bons. Je ne suis pas parvenu à le retrouver. Il contenait deux vignettes. L’une d’elles montrait une femme accablée par la chaleur de l’été. L’autre la montrait en hiver, chaudement et confortablement vêtue, se trouvant très élégante. Bref, l’hiver valait mieux que l’été.

Ce dessin a fait écho à une impression personnelle, ressentie dans les rues de São Paulo, alors que je parcourais le quartier aisé d’Ibirapuera, en août, durant l’hiver austral. Il devait faire 25 degrés à l’ombre. Je portais un tee-shirt, tandis que beaucoup de Paulistanos étaient vêtus des pulls et des manteaux. J’ai trouvé cela étrange, dans un pays où la température monte parfois à 30 degrés en hiver, même à São Paulo, située dans une région considérée comme tempérée, selon les critères sud-américains (soyons clairs, selon les critères climatiques français, l’hiver brésilien n’existe pas. Ou seulement parce que le soleil se couche plus tôt). Sans compter que cela cassait mes clichés sur le Brésil. Oui, cela me décevait même un peu, comme une promesse non tenue.

Cela dit, je veux bien concevoir que nous n’avons pas la même sensibilité au froid, selon l’endroit de la planète où nous avons grandi. Mais il y a des constantes biologiques : le corps humain transpire à partir d’une température de 24 degrés.

Je pense donc que les Paulistanos enveloppés dans la laine et le cuir devaient vivre une torture.

Je n’ai compris la raison de leur accoutrement qu’au bout de quelques jours, après avoir passé du temps dans les transports en commun, les bus notamment. Souvent, les passagers avaient la peau plus sombre, et leurs vêtements étaient plus légers : un tee-shirt ou une chemisette, sous un petit pull ou un gilet, pour se prémunir du froid du matin.

A ma grande surprise, j’ai découvert que ce goût de l’hiver était un signe de distinction sociale. Comme quoi, le snobisme vestimentaire a parfois du bon :  il sert à briser les clichés…

 

Drapeau Brésil por Baptiste Fillon

Em um cartum publicado numa revista brasileira que me deu a ideia deste post. Bula, se minhas lembranças são boas. Eu não consegui encontrá-lo de novo. Continha dois quadrinhos. Um deles mostrava uma mulher oprimida pelo calor do verão. A outra mostrava-a no inverno, vestida de maneira calorosa e confortável, sendo muito elegante. Em suma, o inverno era melhor que o verão.

Esse desenho ecoou uma impressão pessoal, sentida nas ruas de São Paulo, quando viajei pelo afluente bairro do Ibirapuera, em agosto, durante o inverno austral. Tinha que ser 25 graus na sombra. Eu usava uma camiseta, enquanto muitos paulistanos vestiam blusas e casacos. Achei isso estranho, em um país onde a temperatura às vezes sobe para 30 graus no inverno, mesmo em São Paulo, localizada em uma região considerada temperada, segundo os critérios sul-americanos (vamos ficar claros, segundo os critérios climáticos franceses, o inverno brasileiro não existe, ou existe só porque o sol se põe mais cedo). Sem mencionar que isso quebrou meus clichês sobre o Brasil. Sim, isso me desapontou um pouco, como uma promessa quebrada.

Dito isso, entendo que não temos a mesma sensibilidade ao frio, dependendo de onde no planeta crescemos. Mas há constantes biológicas: o corpo humano secreta a transpiração de uma temperatura de 24 graus.

Então eu acho que os Paulistanos envoltos em lã e couro tiveram que viver uma tortura.

Eu só entendi a razão para o esse vestuário depois de alguns dias, quando passei mais  tempo no transporte público, incluindo ônibus. Muitas vezes, os passageiros tinham a pele mais escura, e suas roupas eram mais leves: uma camiseta, sob um suéter ou colete, para se proteger do frio da manhã.

Para minha surpresa, descobri que esse gosto de inverno era um sinal de distinção social. O vestido esnobe às vezes tem algo de bom: serve para quebrar os clichês…

Photo credit: Julio Chrisostomo on VisualHunt.com / CC BY

Les clubs, rois du football / Os clubes, reis do futebol

Drapeau France par Baptiste Fillon

Deuxième étoile pour les Bleus. Les gens klaxonnent dans les rues,  l’hystérie collective se répand.

C’est bien, mais Dieu que cette Coupe du monde m’a semblé fade. Peu d’intensité, peu de créativité. Un 8e de finale de Champions League, ou un match de haut de tableau du championnat d’Espagne, est plus intéressant à voir que 95% des rencontres de cette édition.

Oui, comme beaucoup de gens, je me suis ennuyé, et les records qui sont tombés les uns après les autres n’y ont rien fait. Au contraire. Je crois que ce phénomène inédit témoigne de la démobilisation des équipes de ce Mondial, notamment des plus prestigieuses. Hormis la France et la Belgique. Une réalité piteusement inauguré par l’Italie et les Pays-Bas. La faute à la fatigue, peut-être. Mais pas seulement.

Je crois cette Coupe du monde signe un changement d’ère : celle de la prise de pouvoir des clubs. C’est sous les maillots de City, de Barcelone ou de l’Inter que les joueurs se donnent le plus. ll faut se rendre à l’évidence : le top 20 des équipes européennes proposent un jeu plus huilé et plus varié que l’immense majorité des sélections ayant participé à cette Coupe du monde russe. Chaque semaine, les cracks du monde entier évoluent dans des clubs meilleurs que leur pays.

La faute peut-être aussi au public. Les clubs offrent la consolation permanente, ils sont une part de votre vie. Ils mobilisent des hordes de supporters, chaque semaine, autour du monde. Ils vous aident à atteindre le samedi, ou le dimanche, à subir votre patron ou votre femme. Ils vous soulagent de la routine, comme l’expliquait mon cher Custódio. Et ce lien affectif, intime, supplante la ferveur nationale.

Les clubs rapportent aussi un argent incroyable. Une manne continue, tout au long de l’année. Et je crois que le spectacle, l’engagement et les coeurs ont suivi le business, de façon irréversible.

 

Drapeau Brésil por Baptiste Fillon

Segunda estrela para os Bleus. As pessoas estão buzinando nas ruas, a histeria coletiva está se espalhando.

Isso é bom, mas, Deus, que esta Copa do Mundo me pareceu sem graça. Pouca intensidade, pouca criatividade. As oitavas de final da Liga dos Campeões, ou um grande campeonato na Espanha, é mais interessante do que 95% dos jogos deste edição.

Sim, como muitas pessoas, fiquei entediado e os recordes que caíram um após o outro não fizeram nada. Pelo contrário. Acredito que isso fenômeno sem precedentes atesta a desmobilização das equipes desta Copa do Mundo, especialmente as mais prestigiadas. Exceto a França e a Bélgica. Uma realidade lamentávelmente inaugurada pela Itália e Holanda. Falha com fadiga, talvez. Mas não só

Acredito que esta Copa do Mundo sinaliza uma mudança de época: a da predominância de clubes. É sob as camisas da City, Barcelona ou Inter que os jogadores jogam melhor . Temos de enfrentar os factos: as 20 melhores equipas europeias oferecem um
jogo mais azeitado e mais variado do que a grande maioria das seleções
que participaram neste Mundial russo. Cada semana, os craques do mundo inteiro jogam em clubes melhores do que seus países.

A falha também pode ser a do público. Clubes oferecem consolo permanente, eles são uma parte da sua vida. Eles mobilizam hordas de apoiadores toda semana ao redor do mundo. Eles ajudam você a chegar no sábado ou no domingo para se apresentar ao seu chefe ou à sua esposa. Eles aliviam sua rotina, como explica meu querido Custódio. E esse vínculo emocional e íntimo suplanta o fervor nacional.

Os clubes também trazem dinheiro incrível. Um maná continua ao longo do ano. E acredito que o show, o compromisso e os corações seguiram o negócio, irreversivelmente.

Header Photo credit: nicksarebi on Visualhunt.com / CC BY