France-Pérou, victoire 0-0 / França-Peru, vitória 0-0

Drapeau France par Baptiste Fillon

Le match a commencé. Je dois écrire quelque chose je dois trouver une idée ça doit être bien original.

Un sonnet. Ça fait longtemps. C’est vieillot mais drôle à faire.

12 pieds, de l’alexandrin. Je ne me souviens plus de l’alternance des rimes. Commence, tu verras. Je me fais passer pour quelqu’un qui n’aime pas le foot.

Quand je regarde le foot, je m’ennuie un peu,

Où est «le drogué» ? Kanté, il est rayonnant.

Le drogué joue en blanc et je soutiens les Bleus

Nous faisons neuf passes sur dix dans notre camp.

Je tiens le premier quatrain.

On marque un but, il paraît qu’on est favoris…

J’ai le premier vers du deuxième quatrain.

Non, c’est nul. Nul. Et contraignant.

Les Péruviens doivent gagner. On ne doit pas perdre, pour assurer la qualification.

Le match n’est pas fou. Mais il y a de l’engagement. Ça sent le
jus de cervelle. La tactique. On les attend et on se propulse une fois
le ballon récupéré. Nos attaquant sont jeunes, techniques. Et beaux,
sûrement.

Le plus jeune a ouvert le score. Mbappé.
Guerreiro met tout ce qu’il a dans sa frappe. Mais Lloris pare.

La mi-temps arrive vite.

Et les pubs avec elle. 100.000 euros les 30 secondes. Et de la
magie. Une femme convainc son mari d’acheter une cuisine équipée. Un
type chante nu au milieu de supporters Islandais coiffés de casques à
cornes.
Que de belles histoires. C’est festif, joyeux, facile.

Deuxième mi-temps. Pogba est au-dessus. C’est notre 10 à nous, milieu défensif.

C’est quoi, cette peur de perdre? On joue tous derrière, en attendant la faute, le contre.

Un Péruvien propulse une mine sur le poteau. Cela ferait un joli vers. Je tente de me recoller au sonnet. Rien ne vient.

Carrillo arrose le but français. Ses frappes vont en tribune.
C’est souvent dans ces instants que l’équipe de France marque. On va
leur servir un coup de grâce, digne de notre statut de faux outsider.

Mais on prend goût à être dominés.
Le commentateur vend déjà les analyses d’après-match. Lui aussi s’ennuie.

Cela devient mystique, flottant. Je fixe sur les coupes de cheveux, la forme des tribunes, qui paraissent sortir du stade, les échauffements des remplaçants, la langue des statistiques, toutes en anglais.

J’entends que le gardien péruvien se fait surnommer «Le Poulpe».
En fait, les Péruviens ne marqueront jamais, plus jamais.
Mbappé sort. S’il pouvait le faire à genoux, en pénitent, il ne s’en priverait pas. C’est vicieux, et drôle.

Sur le trottoir d’en face, un DJ prépare ses platines pour la
Fête de la Musique. Les baffles laissent échapper des boum boum. Une
pensée pour les gens qui vivent là. Le charme de Paris. Le mètre carré à
10 000 euros ne garantit pas du boucan.

On déroule les statistiques. Le temps s’étire, se dilate. Il fait beau dehors. Sur un balcon, une ligne de géraniums roses paraissent fluorescentes, à la lumière du soleil.

Le sifflet de l’arbitre couine. Il y a aussi des cornes de brume, rappelant qu’on devrait s’amuser. Devant moi, la table se vide.
Les gens s’excusent, sortent.

Le sonnet, c’était vraiment une mauvaise idée.

Dembélé!!!
Non…

Les supporters péruviens crient encore. Ils y croient. Il suffit d’un but. Et c’est insurmontable, pénible.

Je suis en lévitation.
Je suis Thérèse d’Avila, Maître Eckhart. Mon corps et mon esprit divorcent. Je flotte au-dessus de moi-même.

Puis l’arbitre siffle. Trois fois.

On a gagné. Mais combien? 0-0?

Source : https://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20180622.OBS8604/revivez-le-match-france-perou-du-point-de-vue-du-ballon.html

 

Drapeau Brésil por Baptiste Fillon

A partida começou. Eu devo escrever algo, preciso encontrar uma ideia, deve ser muito original.

Um soneto. Já faz muito tempo. É velho, mas engraçado de se fazer.

Doze pés, alexandrino. Não me lembro da alternância de rimas. Comece, você vai ver. Eu finjo ser alguém que não gosta de futebol.

Quand je regarde le foot, je m’ennuie un peu,

Où est «le drogué» ? Kanté, il est rayonnant.

Le drogué joue en blanc et je soutiens les Bleus

Nous faisons neuf passes sur dix dans notre camp.

(Quando assisto futebol, fico um pouco entediado

Onde está o viciado em drogas? Kanté, ele é radiante.

O viciado em drogas toca em branco e eu apoio os Bleus

Nós fazemos nove passes de dez em nosso campo.)

Eu seguro a primeira quadra.

On marque un but, il paraît qu’on est favoris…

(Marcamos um gol, parece que somos favoritos …)

Eu tenho o primeiro verso da segunda quadra.

Não é ruim. Ruim. E restrito.

Os Peruanos precisam vencer. Não devemos perder, para garantir a qualificação.

O jogo não é maluco. Mas há compromisso. Cheira suco cerebral. Táticas Nós esperamos por eles e nos impulsionamos uma vez o balão recuperado. Nossos atacantes são jovens, técnicos. E lindos, certamente.

O mais novo abriu o placar. Mbappé.
Guerreiro coloca tudo o que ele tem no tiro. Mas Lloris para.

A pausa vem rapidamente.

E os anúncios os anúncios vêm vem junto. 100.000 euros a 30 segundos. E magia. Uma mulher convence o marido a comprar uma cozinha. um homen nu canta no meio de fãs islandeses usando capacetes com chifres.
Que lindas histórias. É festivo, feliz, fácil.

Segunda metade. Pogba está acima dos outros jogadores. Este é o nosso meio-campista defensivo.

O que é esse medo de perder? Todos nós jogamos para trás, esperando a culpa, os contras.

Um Peruano impulsiona uma mina no mastro. Isso faria um bom verso. Eu tento me ater ao soneto. Nada vem.

Carrillo assedia o gol francês. Seus golpes vão para as arquibancadas.
Muitas vezes é nesses momentos que a equipe da França marca. Vamos dar-lhes o golpe de misericórdia, digno do nosso status de falso outsider.

Mas nós gostamos de ser dominados.
O comentarista já vende a análise pós-partida. Ele também está entediado.

Torna-se místico, flutuando. Eu fixo em cortes de cabelo, fóruns de forma que parecem fora do estádio, sobreaquecimento dos jogadores substitutos, a linguagem das estatísticas, todos em Inglês.

Ouvi dizer que o guardião peruano é apelidado de « The Octopus ».
Na verdade, os peruanos nunca vão marcar, nunca mais.
Mbappé sai. Se ele pudesse fazê-lo de joelhos, penitente, ele não hesitaria. É vicioso e engraçado.

Na calçada em frente, um DJ prepara seus toca-discos para a « Fête de la Musique » (acontece todos os 21 de Junho, em França). Os alto-falantes soltam o boom boom. um pensamento para as pessoas que moram lá. O charme de Paris. O metro quadrado para
10.000 euros não garantem o silêncio.

Nós corremos as estatísticas. O tempo se estende, se expande. É bom lá fora. Em uma varanda, uma linha de gerânios rosa aparece fluorescente, à luz do sol.

O apito do árbitro silva. Há também trombetas, lembrando-nos que devemos nos divertir. Na minha frente, a mesa está vazia.
As pessoas se desculpam, saem.

O soneto, foi realmente uma má ideia.

Dembélé !!!
Não …

Os fãs Peruanos ainda estão gritando. Eles acreditam nisso. Apenas um gol. E é inalcançável, dolorido.

Eu estou levitando.
Eu sou Theresa de Ávila, Mestre Eckhart. Meu corpo e minha mente estão se divorciando. Eu flutuo acima de mim mesmo.

Então o árbitro apita. Tres vezes.

Nós vencemos. Mas quanto? 0-0?

Fonte : https://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20180622.OBS8604/revivez-le-match-france-perou-du-point-de-vue-du-ballon.html

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